Mauvaise vendeuse, et pourtant, meilleure gestionnaire..

Dans la vie, il peut nous arriver de faire des rencontres très décisives, surtout pour notre carrière. Ces rencontres impactent aussi beaucoup notre développement personnel. Elles peuvent commencer de façon anodine, se révéler parfois amères ou difficiles, mais elles nous forgent.

Par ce billet, je veux rendre hommage à un leader visionnaire. Quoique j’étais rarement en accord avec lui, il a été comme une pierre qui a aiguisé ma personnalité professionnelle.

La sélection pour ce poste était ardue. Il fallait une équipe de 30 personnes. Au départ, nous étions plus de 300 candidats. Je me rappelais comme si c’était hier, de comment il fallait se frayer difficilement un chemin pour avancer dans la cour. Tout nouveau, tout beau. Tout le monde voulait sa place dans cette nouvelle structure. Le recrutement fut comme un chemin de croix, mais je n’ai jamais douté de ma résilience naturelle, et évidemment je fus parmi les personnes sélectionnées. Nous fûmes formés, coachés et mis en équipe. 

De la télévente en Afrique? Pour une cible en Europe? Quid des produits et services? du jamais vu pour nous autres. La plupart d’entre nous n’en avait aucune idée. Mais il fallait les vendre!

S’il y a une chose dont je suis capable, c’est de toujours reconnaître mes limites. Le meilleur argumentaire, les conseils de mon superviseur, les débriefes à chaud, rien n’y fit.

Je ne suis pas une vendeuse dans l’âme, je le savais; et mieux je savais que je trichais, que je gagnais juste du temps et que dans pas longtemps, je serai confrontée au fait que je n’étais point à ma place. Et ce ne fut effectivement pas long. Deux semaines, rien que deux semaines et je reçus lors d’un entretien, l’ultimatum de décrocher ma première vente au plus tard dans les deux jours à venir, au risque de rendre mon tablier. Si j’étais déprimée? NON! Plutôt soulagée. Mentir n’était pas mon fort, me mentir, encore moins. Pour moi, plus besoin de faire d’efforts, juste attendre deux jours car au fonds de moi, je savais qu’aucun miracle ne pouvait être fait.

Et pourtant, il y eut un miracle. Deux jours après, la mauvaise vendeuse a été promue gestionnaire!

Si j’étais étonnée? Un peu surprise sur le moment mais rapidement, j’ai pensé que c’était légitime. Qu’enfin, j’allais être à la place qui était naturellement mienne.

L’une des meilleures choses qui puisse vous arriver dans votre vie professionnelle, c’est de rencontrer une personne qui est capable de lire au-delà de l’image que vous voulez donner. Une personne qui peut comprendre qu’elle attend quelque chose de vous qui ne vous correspond pas, mais qu’il lui faut chercher à quoi vous pouvez lui être utile ou servir son entreprise autrement.

Très souvent, les recruteurs vous mettent vite à l’écart lorsque vous ne répondez pas aux compétences techniques immédiates recherchées pour un poste ou encore, vous ne cochez que 3 cases sur 10, pas d’expériences dans le domaine, et quoi encore?

Et pourtant, le temps que l’on met à rechercher cette personne faite sur mesure, peut bien servir à encadrer et coacher une personne « disposée » mentalement à occuper le poste.

Comment une mauvaise vendeuse à été pendant un long moment l’une des meilleurs gestionnaires de l’entreprise?

Pour mon cas, si je me permets de repenser à ces moments qui n’étaient pas des plus faciles, ce qui m’a permis de tenir en premier lieu était le contrat moral.

Quand vous donnez à une personne sa chance, vous faites un genre de contrat moral avec cette personne.

Une personne qui reçoit une promotion inattendue travaille trois fois plus qu’une personne qui croit la mériter.

On peut appeler cela de la reconnaissance si l’on veut, mais quand un défi se dressait sur mon chemin, je trouvais la force de le relever en pensant à la confiance qui a été placée en ma personne.

Et parce qu’on veut être à la hauteur de la tâche, on est obligé d’aller chercher constamment les outils nécessaires pour réussir la mission. On se fait entourer des gens dont on a besoin, on lie des alliances utiles et nécessaires, en bref, on développe sans le vouloir, une forme de jeu politique très subtile pour être toujours à la hauteur des résultats.

Ce qui m’a permis aussi de réussir? La légitimité. En effet, m’avoir nommée superviseure était un acte légitime dans mon esprit.

Il est bien de connaître sa réelle valeur et quand vous pensez être à la place qui est la vôtre, travailler devient une passion. Il n’y a pas pire employé que celui qui pense ne pas être à sa place.

Mais la légitimité n’est pas synonyme d’orgueil ou encore d’ego démesuré. Devant mon patron ce jour, je n’ai pas dit « oui je le mérite ». Mais au fur et à mesure qu’il me faisait la description des tâches qui seraient désormais miennes, je sentais une forme de symbiose avec mes besoins personnels en matière d’emploi. Je me disais intérieurement que j’étais bien apte à faire ces choses que celles qui m’avaient été confiées au départ. J’étais soulagée qu’enfin, on m’offre l’opportunité d’exprimer mes compétences et mes qualités et surtout de servir adéquatement cette entreprise. Je fusionnais littéralement avec ce poste.

Ce que je n’ai pas aimé le plus? Me découvrir.

Une personne qui a confiance en elle, est naturellement une personne de pouvoir. Car elle sait utiliser tous les leviers de pouvoirs en sa possession pour atteindre ses objectifs. Alors quand vous lui donner encore plus de pouvoir, veillez à l’accompagner, sinon la première personne qu’elle peut détruire est elle-même.

Comment peut-on servir les intérêts de son entreprise (une entreprise dont la culture est basée sur les résultats, le travail axé sur les compétences et dont le social est presque inexistant), et servir les intérêts des humains qui la composent, qui eux, sont parfois aux antipodes de ceux de leur employeur?

Apprendre à danser entre deux chaises, faire des conciliations, encadrer les uns, affronter les autres, voici ce qu’ont été certains de mes apprentissages pendant cette période.

Comment rester soi quand on a un caractère bien trempé, quand on ne compte que sur ses compétences, on refuse de lécher les bottes du patron, de poignarder ses co-équipiers, de ne pas faire du favoritisme? Et qu’on reçoit aussi beaucoup de coups inattendus? Dormir chaque jour le cœur léger et surtout ne pas craquer quand tout va mal et tenir la tête haute face à la critique?

Aucun leader ne peut briller seul, comme un phare dans la nuit. Il doit croiser sur son chemin celui qui va le révéler au monde et surtout, être au bon endroit au bon moment. Sans suiveurs, point de leader. Vous aurez beau avoir toutes les compétences requises, si personne ne croit en vous, vous n’aurez peut-être jamais l’opportunité de prouver ce que vous valez.

Ici, je passe le relais. C’est à ton tour d’honorer aujourd’hui une personne qui t’a tendu la perche. Qu’elle soit longue ou courte, qu’elle ait été sucrée ou amère, tant qu’elle t’a aidé à devenir une meilleure version de toi-même et prouver aux autres ce que tu vaux, il est temps d’admettre que tu as eu de la chance…

Avec toute ma gratitude à ces personnes qui m’ont professionnellement forgée, de gré, de force, dans l’amabilité comme dans l’adversité.

Lüella A

Publié par Lüella A.

M.Sc en Développement des Personnes et des Organisations, consultante en dynamisation et gestion de carrière, je mets à votre service plusieurs années d'expériences et des pratiques de management bien éprouvées.

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